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Incendie de bus à hydrogène à Belfort : l’hydrogène a priori hors de cause

L’Est républicain

Autant le dire tout de suite, l’incendie qui s’est produit à Belfort, dans la nuit du 1er au 2 janvier, précisément à 2:17 du matin, n’a a priori aucun rapport avec l’hydrogène. D’après une caméra de vidéo surveillance, le feu a pris à l’avant d’un bus – un véhicule de la marque Van Hool -, et s’est propagé aux autres bus à hydrogène stationnés au dépôt. 

À ce stade, on ne peut évidemment pas se prononcer avec certitude sur la ou les causes exactes de l’incendie mais exclure d’une part toute origine criminelle (le système vidéo n’a identifié aucune intrusion) et d’autre part exclure également une « cause hydrogène ».

Ce qui interroge, comme nous l’a indiqué Yannick Monnier, le directeur de la Régie du Territoire de Belfort, c’est que ce véhicule n’avait pas circulé depuis le 31 décembre et n’était donc pas thermiquement chaud (il avait plus précisément effectué un service le 30, un « plein » le 31 au matin, et demeurait statique depuis le 31 à dix heures).Le feu qui a d’abord débuté sur un seul bus, s’est propagé aux autres véhicules hydrogène stationnés à proximité, sans provoquer de dégâts majeurs et notables au niveau des autres véhicules, stationnés à 5 ou 6 mètres de distance. Évidemment, on ne déplore aucune victime.

Il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur les causes du sinistre qui est à présent entre les mains des enquêteurs et est couvert par l’assureur AXA.

« Ce que nous savons, insiste Yannick Monnier, c’est que les premières analyses indiquent qu’il s’agit  plutôt d’un feu d’origine électrique, mais il reste à déterminer quel équipement a chauffé ou autre pour déclencher cet incident ». Il faut savoir qu’un bus à hydrogène comprend un pack batteries , en l’occurrence LTO (lithium-titanium oxide) de 36kWh, plutôt réputée pour être peu sensible aux court-circuits (voir localisation du pack batteries ci-dessous).

Schéma de la régie

Yannick Monnier de conclure sur le volet incendie en indiquant que tous les systèmes de sécurité des bus hydrogène ont parfaitement fonctionné, les thermo-fusibles (TPRD, pour thermal pressure relief devise) des réservoirs ont efficacement évacué l’hydrogène dans l’atmosphère, et lorsque les pompiers sont intervenus, ils avaient la certitude que les réservoirs étaient vides ».

https://www.researchgate.net/figure/Thermic-fusible-TPRD-mounted-in-the-middle-of-the-tanks-and-on-the-opposite-side-of-the_fig9_375324133

Le risque zéro n’existe pas.

Pas plus pour le type de véhicule en cause, que d’autres comme ceux au biométhane ou diesel  (ce sont les anciens bus GPL MAN de 2007 qui ont pris le relais de la flotte de bus Van Hool A12 LF FC 12 mètres détruits par l’incendie, pour un préjudice estimé à 4 millions d’euros).

Un incident qui, selon les élus locaux, ne remet nullement en cause l’orientation hydrogène du projet de transport sur le territoire du Syndicat mixte des transports en commun de Belfort. Ainsi huit articulés Urbino 18 H2 au catalogue du constructeur Solaris arriveront en octobre 2025, ils précèderont les futurs véhicules à hydrogène qui seront choisis pour remplacer les Van Hool.

La commande devrait être passée une fois les conclusions de l’enquête rendues, postérieurement peut-être à une montée des capacités de production hydrogène, prévue à l’horizon de la fin d’année 2026.

Cette station sera évidemment largement suffisante pour l’approvisionnement des bus Solaris à venir, auxquels d’autres cas d’usage devraient idéalement s’ajouter. L’écosystème hydrogène du territoire visant clairement à impliquer aussi des usages industriels.

« Nous restons convaincus que l’hydrogène a toute sa place dans les mobilités du futur. La collectivité a fait le choix stratégique d’investir dans cette technologie, avec l’objectif que 50 % de notre parc soit composé de bus hydrogène.

Plusieurs éléments ont joué en faveur d’un projet il est vrai plus onéreux, rappelons les : tout d’abord un engagement politique fort, fondé sur une décarbonation des transports ; des contraintes d’exploitation avec des lignes longue, parfois très longue (l’une d’elles correspond à une distance parcourue de 400 km/jour) ; un temps rechargement classique, ou presque (15 minutes maximum pour un plein).

Notre réflexion a débuté en 2010 (il existait à l’époque un véhicule d’une autre marque, en circulation notamment en Suisse, mais il était beaucoup trop onéreux). La décision a été prise finalement en 2015. Agir Transport, dont nous sommes membres, n’avait pas encore en catalogue de véhicules hydrogène full hydrogène qui nous semblaient les seuls à remplir les objectifs définis. La livraison des bus Van Hool est intervenue en 2023 « 

Alors oui, un bus à hydrogène est plus onéreux –  650,000 euros – qu’un bus thermique, comme ces Euro IV qui sont exploités par les opérateurs interurbains et son coût de fonctionnement est aussi deux fois plus important. Le sujet n’a pas manqué de susciter des interrogations. 

Lire par exemple: étude Institut Montaigne

Pour en savoir davantage, on peut se référer à l’étude comparative sur les différentes motorisations de la CATP (4ème mise à jour : Etude CATP). Mais le fait est que les élus semblent ne pas revenir sur le choix effectué en 2015 au terme d’une réflexion de plusieurs années ; il correspond il a vrai dire à une démarche plus large, à un de ces fameux « écosystèmes » qui va de la production d’énergie – locale et à proximité d’une infrastructure de transport qui laisse augurer des applications futures plus nombreuses – à des cas d’usage de mobilité urbaine et périurbaine, même si, pour l’heure, le réseau du Territoire de Belfort (le syndicat mixte étant compétent sur l’ensemble du Département) semble être le seul à ce jour.

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Poursuivre la lecture ? Un point de vue plutôt favorable au biométhane.

« Le transport (Diesel) est un éco-système stable ultra concurrentiel dont la massification est maximale. Aussi, de manière générale , la tendance est à l’engagement ultra-court, car elle permet de ne pas se mettre en risque sur le long terme et de profiter de prix toujours plus bas ou presque.

Mais cela ne fonctionne que parce que c’est un écosystème ayant 100 ans de stabilisation derrière lui ».

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