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Fin du tout électrique pour les voitures neuves. Pour la FIEV, le compte n’y est pas.


« Nous reconnaissons les progrès accomplis, notamment sur la neutralité technologique. Mais soyons clairs : sans l’adoption de mesures fortes de contenu local, ce paquet ne protégera ni les emplois ni la production en Europe. Nous avons besoin d’un label « Made in EU », basé sur un seuil de 80 % de contenu local pour les véhicules et 70 % en moyenne pour les pièces, qui soit utilisé dans les différentes politiques clés de l’UE et des États membres, notamment en matière d’aides publiques, de marchés publics et investissements directs étrangers. C’est la condition sine qua non pour préserver notre souveraineté industrielle et réussir une transition juste qui ne laisse personne sur le bord de la route », déclare Jean‑Louis Pech, Président de la FIEV.

Si le compromis dans « le bon sens », selon la FIEV, les mesures demeurent toutefois dans le détail en-deçà de « l’urgence de la situation » explique t elle. Face à une crise qui a déjà conduit à l’annonce de 76 000 suppressions d’emplois depuis 2024 dans le secteur automobile européen, les dispositions avancées sont considérées comme « trop timides » pour protéger efficacement et rapidement le tissu industriel face à la concurrence chinoise. La FIEV qui représente 300 sociétés de l’ingénierie, à la première monte, jusqu’à l’après-vente dans le secteur automobile (70% d’entre elles sont des filiales de groupe étrangers; ensemble elles pèsent plus de 80% du CA total du secteur) ne cache pas son inquiétude.

Les mesures qui nécessiteraient une mise en œuvre rapide, ne tiennent en effet pas compte des délais industriels réels, alors même qu’elles interviennent de manière anticipée. De nombreuses dispositions restent en outre floues sur des sujets essentiels : calcul des compensations carbone, aides à l’achat; elles ne prévoient aucune accélération du déploiement des infrastructures de recharge alors que le cap de la mobilité électrique est maintenu, au point qu’on peut douter des intentions réelles des opposants au tout électrique – une reconquête ? 

La FIEV de souligner que sur des points essentiels, beaucoup dépendra de chaque État membre, avec un fort risque de fragmentation du marché européen alors que c’est le volume de ce marché qui était, avec les progrès technologiques réalisés par ses entreprises, supposé assurer une prospérité.

Elle réitère publiquement son appel pour l’imposition de seuils de contenu local réalistes et protecteurs, qu’elle considère comme de véritables filets de sécurité pour les emplois et le tissu industriel européen, et pour l’ensemble des technologies : 

-80 % de contenu local pour les véhicules (contre 88 % aujourd’hui en moyenne); 

-70 % de contenu local en moyenne pour les pièces (contre 77 % aujourd’hui)

Si la proposition était confirmée, il faudrait encore la compléter par davantage de clarté et des mesures fortes dans le futur « Industrial Accelerator Act », annoncé pour fin janvier 2026. Un coup pour rien ? Pas complètement. 

Elena Novikova

Membre de la team, Insider Mobility