
Le constructeur chinois est moins connu en France que BYD, très présent sur le marché de l’automobile. Mais un peu à l’instar de ce qui se passe en Europe, au vu des chiffres de 2024, c’est Yutong qui marque des points sur le marché du bus et car , comme en témoigne l’annonce faite très récemment pour le Sénégal. Elle est loin d’être anecdotique.
Car si le constructeur de Zhengzhou (province du Henan) dame le pion de BYD, en Afrique, c’est parce qu’il a le bon produit, au bon prix, et peut s’appuyer sur quelques modalités de financement qui font sans doute la différence. C’est déjà le cas pour les concessionnaires autoroutières.

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En marge du Forum économique de Hangzhou (province chinoise du Zhejiang)
le Fonds de développement des transports terrestres (FDTT) et l’Association de Financement des Transports Urbains (AFTU) du Sénégal viennent en effet de signer d’importants accords avec des partenaires chinois.
Un des objectifs majeurs de la démarche : moderniser et verdir le parc le parc de véhicules sénégalais à travers la création d’une unité de montage de bus à gaz et électriques, la rénovation des gares routières et le renouvellement de quelques…
6 000 véhicules dit-on.
Le bon produit au bon endroit vraisemblablement, le tout accompagné par la China Africa Investment and Development (CAID) et, pour parachever l’implantation le groupe Zhenhuai Construction.
China Africa Investment and Development (CAID), le constructeur de renommée mondiale YUTONG, et le groupe Zhenhuai Construction.
Il faut en effet souligner que le Sénégal ne cache plus ses ambitions, et notamment sa volonté d’attirer à lui des talents encore très francophiles, mais surtout de devenir de plus en plus attractif pour sa jeunesse. Quitte à modifier ses alliances.
La dynamique est là : 60 projets prioritaires de la Vision Sénégal 2050, dans un esprit de co-développement durable avec la Chine. Il veut aussi constituer un cadre pour l’Afrique de l’Ouest.
Outre l’assemblage de véhicules décarbonés voire zéro émissions les accords portent également sur la rénovation et la construction de gares routières modernes, d’aires de repos, ainsi sur des stations de recharge électriques et de gaz.
Ces infrastructures doivent permettre au réseau de transport public de progresser en direction des standards internationaux et des exigences environnementales actuelles, comme c’est le cas déjà avec le BRT Dakar (pour le système, mais pas pour la marque du constructeur).

Yutong, Mercedes et Wrightbus dominent le marché
Yutong est en tête du peloton en 2024, avec une hausse spectaculaire de 99,8 % de ses immatriculations, atteignant 1 092 bus électriques, contre 483 en 2023. Cette forte hausse a propulsé le constructeur chinois à 14 % de part de marché en Europe, un bond notable par rapport aux 7,6 % de 2023. De même, Daimler Buses a enregistré une croissance de 105,8 %, immatriculé 918 bus, contre 446 en 2023. Cette croissance a permis à Mercedes de s’emparer d’une part de marché de 11,8 %, contre 7 % auparavant.
Le plus fort bond en avant réalisé ces trois dernières années a été réalisé par Wrightbus, en Irlande du Nord, avec 861 bus électriques immatriculés en 2024, soit une augmentation de 83,6 % par rapport à l’année précédente. En 2023, la croissance du constructeur a été multipliée par quatre. Iveco et Irizar progressent sur le marché des bus électriques en 2024
Iveco Bus a enregistré une forte croissance, avec des immatriculations en hausse de 130,6 %, atteignant 821 bus, contre 356 en 2023. Sa part de marché est passée de 5,6 % à 10,6 %. BYD, malgré une modeste hausse de 19 %, a maintenu une forte présence avec 426 immatriculations, s’assurant une part de marché de 5,5 %.
Irizar a également enregistré une performance positive avec une hausse de 24,6 %, immatriculé 263 bus, contre 211 en 2023, et se maintenant à 3,4 % de part de marché.
VDL a réalisé une performance remarquable, avec une croissance de 271 %, atteignant 401 immatriculations de bus électriques.
Solaris, MAN et Volvo : les volumes sont en baisse
En revanche, Solaris a enregistré une forte baisse de 36,6 % de ses immatriculations, passant de 725 en 2023 à seulement 460 en 2024. Sa part de marché est ainsi passée de 11,4 % à 5,9 %. Il convient toutefois de noter que 2023 a été une année exceptionnelle pour l’équipementier polonais en termes d’immatriculations de bus électriques (785). MAN a également enregistré une baisse significative de 44,6 %, passant de 785 en 2023 à 435 en 2024, ce qui a entraîné une baisse de sa part de marché de 12,4 % à 5,6 %. Les mêmes considérations que celles évoquées pour Solaris s’appliquent au groupe munichois. Le graphique montre qu’Ebusco, en difficulté, perd des parts de marché : de 3 % en 2023 à 2 % en 2024, année où 153 bus électriques ont été immatriculés (le constructeur néerlandais comptait plus de 1 600 bus électriques en carnet de commandes à la mi-2024…). Karsan est également en légère baisse avec 141 immatriculations (-24 %), mais les véhicules de plus de 8 tonnes ne représentent qu’une partie des ventes totales de Karsan, l’e-Jest étant l’un des modèles les plus vendus du segment des minibus.
In Substainable Bus, Electric bis, main fleets and projects around the world (traduction par nos soins)




