
«Nous sommes l’organisation humaine la plus émiettée que je connaisse. […] Nous ne sommes pas un pays fédéral, nous ne sommes plus un pays centralisé […] Je pense qu’une partie de la raison d’une France à l’arrêt tient non pas à l’incapacité de ses dirigeants mais à notre mode d’organisation qui n’est pas performant du tout. […] Je crains le déclin inexorable si on ne modifie pas en profondeur le système d’organisation de l’action publique. »
Voilà qui signe un diagnostic auquel, au fond, nombre d’acteurs peuvent souscrire. Aussi bien au niveau local, où la frustration atteint des niveaux jamais égalés, qu’au niveau central, où, nombre de fonctionnaires se rendent bien compte que la machine patine quand ils ne sont pas eux même visés au titre d’un « Etat profond » réel ou fantasmé.
Mais au-delà? On se souvient que le gouvernement, en janvier 2025, avait demandé aux communes, aux départements et aux régions de faire un effort de quelque 2,2 milliards d’euros, quand le précédent, celui de Michel Barnier, les avait quant à lui incités à 5 milliards d’économies.
« Je ne suis pas convaincu que les économies soient à trouver dans chaque ministère, chaque opérateur, chaque agence, a toutefois poursuivi Jean-Louis Borloo lors de son audition devant la commission d’enquête sur les missions des agences, opérateurs, organismes consultatifs de l’Etat. Notre sujet est cette désorganisation générale qui nous amène à avoir des systèmes de contrôle, de régulation, de coordination, de cabinets de communication, de justifications d’existence absolument terrifiants. Je l’ai chiffrée à 150 milliards.»
L’audition : https://www.senat.fr/actualite/agences-de-letat-audition-de-jean-louis-borloo-4888.html




