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TGV : la course au sillon

C’est par le petit bout de la lorgnette qu’on apprend que de nouvelles entreprises ferroviaires se multiplient pour « acquérir » des sillons : l’Autorité de régulation des transports (ART) a en effet dévoilé le 1er décembre l’existence de Claret, en publiant l’avis simple qu’elle a rendu en mars 2025 sur cet accord-cadre, assorti de quelques recommandations. En l’occurrence, pour un tronçon Paris-Lyon.

Chaque année, les entreprises ferroviaires qui souhaitent faire circuler leurs trains sur le réseau ferré national, formulent en effet leurs demandes de parcours auprès de SNCF Réseau. En retour, le gestionnaire de l’infrastructure – il est aujourd’hui séparé et indépendant de l’exploitant – SNCF Voyageurs –  produit des « sillons » qui répondent au plus près des souhaits exprimés par la demande. 

« Un processus complexe qui requiert du côté du gestionnaire d’infrastructure une grande expertise, et des moyens conséquent du côté des entreprises candidates à l’acquisition des sillons ».

Les entreprises ferroviaires peuvent commencer à les commander plus d’un an à l’avance. Par exemple, pour des circulations souhaitées en 2027, elles formulent leurs premiers souhaits en décembre 2025. Si un accord -cadre de capacité est conclu, https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/12/avis-2025-036-vnc.pdf. On ne sera pas étonné, par conséquent, que Claret Associates, fondée en 2021, ait été dévoilée par le régulateur cette année. Si on ne connaît pas les ambitions précises de la petite dernière, ni son éventuel financement et encore moins son calendrier, on ne connaît pas les détails de son projet, sa priorité est le tronçon Paris-Lyon, déjà bien occupée par les TGV Inoui de la SNCF, et Trenitalia. Cette liaison est la plus rentable du réseau (33% du trafic grande vitesse du réseau ferré national). 

Les tendances du marché de la grande vitesse 

L’entreprise ferroviaire italienne qui en décembre fait passer à 14 allers-retours quotidiens le nombre de ses trains vers Lyon, est ainsi devenue en quelques années un compétitivité important de l’opérateur historique; avec ses classes Business et surtout Executive, leurs fauteuils très confortables et leurs services associés (comme une salle de réunion à bord), il semble miser sur une gamme premium. Chez elle, la clientèle pro représente un voyageur sur deux, affirme-t-on.

Il lui a fallu des moyens conséquents. Car pour les impétrants – il pourrait être à terme une dizaine -, le nerf de la guerre demeure cependant l’investissement de départ permettant essentiellement d’acquérir le très coûteux matériel roulant. A cet égard, Velvet (le nom commercial de Proxima) serait la seule compagnie, à date, à avoir bouclé son financement après avoir levé 1 milliard d’euros, pour une acquisition réalisée avec le constructeur Alstom. C’est dans la perspective, en 2028, d’un Paris-Bordeaux.

On peut naturellement se réjouir d’un tel engouement pour la grande vitesse – fer du lance du transport ferroviaire en France. Mais l’accroissement probable des trains en circulation pose la question de l’entretien de l’infrastructure. Ce n’est pas un hasard si la ligne Paris -Lyon bénéficie prioritairement de travaux de modernisation. « Sa capacité pourra être augmentée progressivement, passant de 13 trains par heure et par sens en heure de pointe, à 16 trains par heure et par sens en 2030 », soit un gain de 25% !

Une priorité dans le projet de loi-cadre transports?

BFMhttps://www.bfmtv.comL’ancien patron d’Eurostar lance Claret, un nouvel opérateur qui pourrait …

 

Eric Ritter, rédacteur et fondateur de Insider Mobility