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Longue distance : la sensibilité au prix pour le train et l’autocar

 

Les Français comme les autres Européens montrent une forte propension à voyager davantage en train qu’en avion, surtout pour des trajets dont une durée de 2,5 heures *. La vitesse est un atout ; la « sensibilité » au prix fait la différence entre les solutions low cost.

 

Par Eric Ritter

Le nombre de passagers de la grande vitesse en France sur INOUI et OUIGO est passé de 110 millions en 2017 à 124 millions en 2023 soit une hausse de 13 %. 

Avec l’international, le trafic a même augmenté de 138,5 millions de passagers à 151,9 soit + 10 %. Il s’agit de données publiées par l’Autorité de régulation des transports (ART). 

Ces chiffres ont été repris récemment dans un communiqué de la FNAUT. Cette association de défense des usagers a tenu à souligner la croissance de la demande ; mais celle-ci excéderait l’évolution de l’offre. Résultat : de nombreux TGV affichent “complets” même hors périodes de pointe. 

Les offres de TGV INOUI qui dominent (plus de 60%) et OUIGO (20% ) sont à observer en détail. L’offre low-cost ferroviaire correspond à un clientèle très majoritairement de loisirs, jeunes ou familles; à forte sensibilité au prix, etc (**).

La Fnaut relève la forte hausse du prix moyen d’un billet OUIGO, passé de 19,8 à 34,2 € (+73 %), non liée à l’allongement des parcours ni à l’extension des destinations. Le prix au kilomètre pour un passager a augmenté de 3,7 à 6,2 centimes (+68 %), contre seulement +8 % pour le TGV INOUI (10,3 → 11,1 centimes).

Parallèlement, l’offre globale de grande vitesse recule. Entre 2017 et 2023, les places INOUI ont chuté de 17,5 %, et l’extension des OUIGO, malgré des trains plus grands, ne compense pas ce recul. Au total, SNCF Voyageurs voit ses sièges.kilomètre passer de 72,9 à 71,7 milliards (-1,6 %) en France, et de 86,4 à 84,4 milliards (-2,3 %) en incluant le développement international.

A ces chiffres de la grande vitesse, s’ajoutent ceux des trajets par autocar – plus lents. Le trafic des autocars low cost progresse sur un an et dépasse le niveau de 2019 : l’offre dépasse de 10 % celle de 2023 avec un niveau record de départs (830 départs quotidiens) et d’autocars.km
(120 millions). 

Avec 11 millions de passagers domestiques et 18 millions de passagers au total, la fréquentation est supérieure au niveau de 2019, y compris pour la partie domestique (+5 %). Soit 9% du trafic TGV/OUIGO domestique (merci Eric Boisseau).

Cette dernière a même augmenté plus fortement sur un an (+14 %) que la partie internationale (+6 %).

Pourtant, grâce à la progression de la fréquentation, les recettes domestiques du secteur augmentent de 6 % entre 2023 et 2024 et atteignent un niveau record à plus de 180 millions d’euros, contre près de 5 milliards si on compte le segment TGV-Intercités (1er semestre 2024) (***)

Lire aussi :  Ferroviaire : des billets TGV trop chers?

* Régulation des vols intérieurs, Loi Climat 

**100% en ajoutant aux chiffres de l’opérateur historique ceux de Eurostar, Lyria, Renfe et Trenitalia 

*** La recette moyenne par passager pour 100 km baisse de 5 % sur un an et s’établit à 6 euros en 2024.