
Choisir la France. C’est bien de cela dont il s’agit. Dans un contexte où la croissance n’est pas au rendez-vous et la réindustrialisation non plus.
Avant le sommet annuel #ChooseFrance à Versailles lundi, plusieurs groupes internationaux prévoient de développer leur activité dans l’Hexagone, en créant plusieurs centaines d’emplois. C’est le cas de la start-up Windrose Technology, qui fabrique déjà en Chine des camions électriques revendiquant 600 km d’autonomie ; elle a choisi la France pour implanter sa première usine de grande capacité en Europe.
Le siège européen de Windrose se situe en Belgique, où il dispose également d’un atelier. C’est donc en voisin qu’il prépare une installation dans les Hauts de France, dans une région, celle de Xavier Bertrand, qui entend bien la mener vers une révolution industrielle réussie – celle là. C’est plus précisément dans le Nord, à Onnaing, que le chinois devrait installer une usine d’assemblage (175M€ / 200 emplois).
Le pari pour la mobilité est une tradition dans cette région, et le pari pour l’électrique n’y est pas nouveau ; la persévérance payerait-elle ? La Région Hauts-de-France est la première Région française en matière d’investissements industriels étrangers (en nombre emplois crées).En 2024, la moitié des emplois crées par les investissements internationaux en Hauts-de-France l’ont été dans l’industrie.


Six mois après l’annonce de l’arrivée d’Axens – spécialisé dans la fabrication de composants pour batteries – à Saint-Saulve, une autre usine, pourrait voir le jour sur la commune voisine d’Onnaing. De quoi rendre un peu plus européen encore une marque d’origine chinoise. De quoi challenger encore davantage les constructeurs européens non loin, Iveco Group qui a maintenu officiellement un cap de mix énergétique ou Daimler Buses GmbH plus engagé dans la mobilité électrique.

19 mai 2025, rencontre avec les dirigeants, sur le site de Ligny-en-Barrois (Meuse)
Autre région voisine de celle des Hauts-de-France, la région Grand Est. Lundi 19 mai, dans la matinée, Emmanuel Macron s’est précisément rendu à Ligny-en-Barrois, dans la Meuse. Cette petite commune de moins de 4000 habitants abrite une usine de fabrication de bus électriques appartenant à Daimler. Comme d’autres, le constructeur a fait le choix du passage à l’électrique, nouant des partenariats en Chine.
Choisir la France. Comme l’a révélé Le Figaro, le président de la République se rendra ce lundi matin chez l’allemand Daimler Buses à Ligny-en-Barrois (Meuse). Il devrait, selon ce journal, y annoncer l’extension de l’usine de fabrication de bus électriques pour 92 millions d’euros.
L’ambassadeur n°1 de l’usine de Daimler Buses France est le Citaro. Grâce à, entre autres, une restructuration de la chaine de production en 2018, l’augmentation significative du nombre de véhicules fabriqués à Ligny constatée ces dernières années s’est poursuivi également l’an passé.
D’autre part, l’usine Daimler Buses est la première entreprise privée de Meuse en termes d’effectifs et ne cesse d’embaucher, notamment dans l’optique d’ajouter l’eCitaro (autobus 100 % électrique) à la gamme de véhicules produits à Ligny.
150 véhicules électriques en sortira d’ici la fin de l’année 2025. Fidèle à sa tradition d’efficacité et de discrétion, le groupe allemand affiche depuis de nombreuses années une implantation nationale. L’électrification du parc de bus se poursuit sur le territoire, des transports urbains d’une manière générale.
Aurélien Bigo soulignait récemment que la part de l’électrique dans les ventes de véhicules routiers neufs en 2024 était de 10 % pour les bus et cars, avec 34 % pour les bus et 1,1 % pour les cars…De quoi interpellait la notion de « transition énergétique », ici je souligne le lien à renforcer entre l’emploi industriel technologique etc. et les solutions de la mobilité durable.
L’usine assemble des véhicules pour la France métropolitaine, mais également pour de nombreux pays européens.

S’il y a un effet, indiscutable, de la formule choisie par Emmanuel Macron, c’est bien celle d’un sommet destiné à rendre compte des secteurs dans lesquels l’attractivité de la France est bien là, et de provoquer une émulation au sein des acteurs de ces secteurs.
Les transports en sont un. Ainsi après que la presse ait évoqué le transport de marchandises puis une visite de terrain, cette fois pour le transport de personnes, c’est au tour du groupe Iveco de nous rappeler à nos bons souvenirs.
A l’occasion du sommet Choose France, Iveco Group annonce un investissement de100 millions € en France. Cet investissement est consacré au développement de la future gamme d’autobus et d’autocars, ainsi que d’une nouvelle génération de batteries électriques d’IVECO BUS. Il est également dédié au lancement en production de nouveaux moteurs, ainsi qu’à l’amélioration continue des procédés de production de l’usine FPT Industrial de Bourbon-Lancy et à des activités de remanufacturing à Garchizy en France.
Cet investissement porte à près de 400 millions € les investissements réalisés par Iveco Group dans ses sites en France au cours des 4 dernières années, démontrant ainsi le fort engagement du groupe dans le potentiel de développement de l’écosystème industriel français.
IVECO BUS est aujourd’hui leader européen sur le marché des bus, avec 25% de part de marché. La marque s’adapte à la forte croissance du marché des bus électriques et bas carbone en Europe.
En 2024, sur un marché des autobus urbains électriques en plein essor, IVECO BUS a progressé de 6,5 points pour atteindre 14,2% des immatriculations, se hissant ainsi pour la première fois au deuxième rang des constructeurs européens. Cette performance est portée par des positions de leader en France (56%) et en Italie (35%) sur le segment des autobus urbains électriques.
Ce qui l’autorise à tenir des positions aussi sur des solutions de transition, comme le biométhane et parallèle de son évolution tout électrique.
Quel que soit l’orientation du marché, chaque année en France, 5 000 à 6 000 bus et cars neufs sont immatriculés. Il est grand temps de se demander sans tabou où ils sont fabriqués ou assemblés. La mobilité durable, un projet de réindustrialisation.

Sénat, 15 mai 2025




