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Bus à hydrogène : Safra est repris par le chinois Wanrun

Une autre façon de choisir la France. C’est sans trop d’ironie ce que l’on pourrait dire ici. Mais la nouvelle n’est pas vraiment une surprise. Qui d’autre pouvait réellement relever le défi posé par la situation économique et financière du constructeur Safra, basé à Albi ?

La reprise s’est effectuée à la barre du tribunal de commerce. D’après les éléments fournis par les Echos, le fabricant de batteries et d’autobus électriques reprendrait 120 des 169 salariés ; mais son projet demeure encore flou, dans une région qui a pourtant soutenu son constructeur, et misé sur le développement d’une solution fondée sur une pile à combustible.

Vincent Lemaire, son DG, reste aux commandes

Il est depuis de nombreuses années, l’artisan infatigable d’une stratégie qui s’est heurtée à de trop faibles commandes : arrivées trop tard ou impossibles, compte tenu de la concurrence dans le secteur et la progression des bus à batteries.

En dépit d’autres repreneurs, en dépit de l’opposition du syndicat CGT, le tribunal de commerce a préféré l’offre du consortium chinois Wanrun qui reprend 120 salariés, dont le PDG Vincent Lemaire et l’ensemble des activités, pour un montant estimé à 7 millions d’euros. Il a jusqu’au 20 juin pour apporter les fonds et l’activité ne reprendra que le 24 juin.

Les offres écartées

« Candidat malheureux à la reprise, le groupe de rénovation de matériel ferroviaire TTH a amélioré son offre, trois jours après l’audience du 13 mai, en proposant de reprendre 90 salariés à Albi et 40 dans son usine de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il a fait valoir son carnet de commandes important dans la rénovation ferroviaire, mais le tribunal n’a pas examiné sa nouvelle proposition jugée hors délai, explique le quotidien économique. Il a aussi écarté celle du groupe de pièces détachées ferroviaires CBM. Ces deux candidats reprenaient l’activité de rénovation mais pas la construction d’autobus à hydrogène, qui a fait chuter la PME » 

Nous lire : L’avenir de Safra : quels repreneurs ?

Optimisation de la production

Le consortium fabriquerait lui les bases des autobus en Chine et les terminerait à Albi. Façon de mettre un pied dans la porte ; une solution d’assemblage si on comprend bien qui va probablement faire des émules. « Wanrun fabrique des bus électriques en Chine mais pas à hydrogène » relève une source locale. Et en effet, c’est avec le plan social, une des questions majeures de ce dossier : le cap de la pile à combustible sera t il maintenu ou non?

On rappelle qu’un protocole d’accord a été signé en novembre 2024 avec le groupe chinois, qui devait investir 40 millions d’euros et qui ne l’a pas fait.

Eric Ritter