
Les objectifs de la conférence de financement des mobilités, rebaptisée « Ambition France Transports » dont le lancement a eu lieu le 5 mai dernier, à Marseille, donnent une idée assez claire, me semble-t-il, des pistes de financement envisagées.
Il n’y aura pas de miracle.
D’un côté, l’absolue nécessité d’une régénération des réseaux compte tenu de leur état, de l’autre des financements à rechercher pour de nouveaux projets. L’état des routes par exemple a été maintes fois diagnostiqué ; il est parfois inquiétant. La Cour des comptes s’est emparée du sujet en 2022.
Avec 1,1 million de kilomètres de routes, le réseau français est en effet l’un des plus longs et des plus denses d’Europe. Il est aussi l’un des nœuds de transport essentiel à l’Europe. D’où la question des autoroutes, pas en ce qui concerne leur entretien, jugé très satisfaisant, mais leur modèle économique, jugé lui trop profitable.
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Trouver 3,5 milliards d’euros chaque année pour la route et le rail. C’est le défi d’entretien et de régénération que doit relever cette conférence dont les conclusions sont attendues avant la trêve estivale – il y en aura bien une, cette année, semble t il. Mais pour les nouveaux projets ? Le contexte budgétaire est tel qu’il va être difficile de tous les boucler. Au rang des objectifs de la Conférence, il y a bien la nécessité « d’examiner le calendrier, les modalités de déploiement et de financement des services express régionaux métropolitains (SERM). Chaque mot compte. C’est à leur propos qu’a été initialement prévu ce débat.
Son champ d’intervention a été considérablement étendu. Et c’est à mon sens une indication de plus. Les projets de SERM annoncés par le Président de la République (mais prévus dés 2019, avec la loi d’orientation des mobilités) ont des coûts d’investissements qui devraient s’établir entre 15 et 20 milliards d’euros, selon un rapport du Sénat. Lequel souligne également en juillet 2023 que le montant des nouvelles dépenses d’exploitation n’était pas encore évalué.

Les membres de la conférence, 5 mai 2025
La sollicitation des usagers ? Sur ce volet aussi le rapport sénatorial donne de précieuses indications. « En France, la part des recettes commerciales dans le financement des transports collectifs urbains (TCU) est plus basse que chez la plupart de nos voisins européens ». Au cours des dernières décennies, en effet cette part a fortement diminué, passant d’environ 70 % en 1975 à 50 % en 1995 pour se situer aujourd’hui sous les 20 %.
Le report modal et la progression sur la voie de la transition écologique des transports sont ils toujours au rang des priorités ? Et si oui, comment résoudre l’équation du financement ? « Étudier les différentes solutions de financement mobilisables »…C’est bien la moindre des choses, mais donne t il une indication en faveur de l’imagination et même de l’audace, ou cette indication renvoie t elle tout simplement à plus tard ?
Chacun peut se faire une idée.




