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Hyvia mal en point. L’hydrogène en question?

Le marché des véhicules à hydrogène peine à décoller, une entreprise connaît des difficultés et le doute s’installe.

Selon des informations révélées par l’AFP (début décembre 2024) HYVIA la coentreprise de Renault Trucks et du fabricant de piles à combustibles Plug Power spécialisé dans la fabrication de véhicules utilitaires, serait proche de déposer le bilan. 

 La société, qui est installée à Flins et compte 110 salariés, a informé les représentants des salariés qu’elle était actuellement en cessation de paiement et allait « probablement vers une liquidation », selon le syndicat Force ouvrière de Renault. Des informations sont confirmées par la CGT. En ce début de décembre, la direction reste évasive. 

Hyvia avait lancé en 2022 l’assemblage de piles à combustibles dans un ancien hangar de l’usine de Flins, berceau de la Renault Twingo et de la Zoé. Ces piles équipent des utilitaires à hydrogène du groupe, assemblés par Renault à Batilly (Meurthe-et-Moselle). 

Rattraper notre retard technologique dans cette direction exigerait un vrai et puissant programme de soutien industriel. De mémoire, il existe par exemple moins d’une demi douzaine de camions à hydrogène en circulation de la marque Hyndai en France.

Pour des besoins intensifs, les longues distances, l’hydrogène « vert » que l’on peut produire, pourrait être la solution, à condition toutefois que les moyens soient à l’échelle. Il ne devrait pas y avoir d’entre deux. 

Plusieurs éléments d’analyse critique.

Le premier : la décarbonation des flottes professionnelles progresse mais lentement : elle démarre là où la rentabilité et la compatibilité opérationnelle est la plus facile à défendre. 

Le deuxième élément : si l’on met de côté quelques « applications de niches », quels sont les usages qui sont couverts par l’hydrogène et qui ne peuvent l’être par le 100% électrique -pour la moitié du coût total de détention ? L’objection tient dans un contexte où sans soutien, la décarbonation est déjà complexe.

« L’exemple en image est frappant lorsque l’on compare la fiche technique du Master H2 de Hyvia avec celle du nouveau Master E-Tech électrique, à la lumière des besoins opérationnels réels » (Sébastien Pinauldt).

Indéniablement les entreprises ont une approche pragmatique, elle est très éloignée du dogmatisme qui domine parfois le débat. L’analyse des choix à faire doit aussi s’effectuer d’une manière dynamique. Dans le cadre décrit ici, l’H2 est une solution peu séduisante. « C’est une belle technologie, mais je ne pense pas que plus de subventions résolve le problème de fond qui est un combustible coûteux à produire et à distribuer, doublé d’un retard d’une grosse décennie dans le passage à l’échelle ». 

Un jour on saura ce qu’il aurait fallu faire. Ce ne sont que quelques éléments de réflexion.