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Daimler en mode agile

Avec le déclin prononcé du diesel et l’inévitable recomposition industrielle qui en découle, il n’est jamais inintéressant d’observer de près la stratégie des grandes marques historiques du secteur : après Iveco (Iveco Bus et Heuliez Bus), le tour de Daimler Buses (Mercedes-Benz et Setra) est venu.

Ce n’est pas que je ne l’ai « pas vu venir », pour reprendre le titre que m’avait inspiré son compétiteur sur les segments des bus et cars. Avec les inévitables questions que l’on peut alors se poser (et que j’ai voulu poser sans succès, d’où la communication intégrale du communiqué de presse) après le post.

https://lalettredesmobilites.com/actualites/on-ne-voit-rien-venir/

Cette fois, non, c’est plutôt un air de « déjà vu », en forme de confirmation d’une stratégie très claire de Daimler pour s’adapter au contexte concurrentiel. « Déjà vu » parce que son compétiteur aussi, s’est adressé à la Turquie pour des véhicules d’entrée de gamme. Mais cette fois, c’est de transition industrielle dont il s’agit. Celle qu’impose une transition énergétique dans un contexte marqué par de fortes réticences voire de possibles retournements de situation. 

Un accord win-win

Otokar, une société du groupe turc Koç, et Daimler Buses, ont ainsi signé un accord portant sur la production des bus Mercedes-Benz Conecto dans l’usine Otokar de Sakarya, à partir de septembre 2026. Le constructeur allemand a effet enregistré une forte demande pour ses modèles produits dans l’usine Mercedes-Benz Türk A.Ş, située elle plus près d’Istanbul. Pour dégager des capacités de production pour le Conecto, autant conclure un accord avec le constructeur turc Otokar qui en a besoin, et lui confier ainsi la production du modèle conventionnel que la marque prévoit quoi qu’il en soit de ne plus produire à partir de 2029.

En quoi consiste cet accord? Les principaux composants nécessaires à l’assemblage des bus seront fournis à Otokar par Daimler Buses. Une équipe de Daimler Buses sera détectée de l’usine du groupe à Sakarya pour superviser la production. Jusqu’à présent, le Conecto était produit uniquement dans l’usine Mercedes-Benz Türk A.Ş (MBT à Hoşdere). Commercialisé depuis 2021, le Conecto a été vendu à une centaine d’unités en France, un peu moins même. Autant dire qu’il ne fait plus partie des priorités, mais qu’il ne serait pas judicieux d’abonder maintenant, en continuant à céder des parts de marché à d’autres, sur ce type de matériel là.

Non, le constructeur allemand qui s’est fait fort récemment d’une implantation stratégique renforcée en France, a annoncé il y a quatre ans déjà qu’il ne produirait plus d’autobus urbain classe 1 avec Euro VII mi 2029. Le partenariat qui a fait les gros titres, doit ainsi être apprécié à sa juste valeur : permettre au constructeur d’accéder rapidement à des capacités de production supplémentaire en Conecto, et en même temps libérer des lots de production prévus initialement en Conecto dans l’usine MBT pour produire d’autres modèles : Tourismo, Intouro, etc.

Nouvelle infrastructure de recharge au cœur de Stuttgart 

28 points de recharge jusqu’à 180 kW, livrés clés en main : Stuttgarter Straßenbahnen AG (SSB), en collaboration avec Daimler Buses Solutions, Omexom et Power Electronics, a franchi une étape importante vers des transports publics sans émissions.

L’inauguration officielle a eu lieu en présence, entre autres, du ministre Winfried Hermann et du PDG de Daimler Buses, Till Oberwörder. Et ce n’est pas fini : 37 points de recharge supplémentaires à Gaisburg et l’extension de la flotte d’eCitaro à 63 bus d’ici 2026.

Et la France ?

Grâce à, entre autres, une restructuration de la chaîne de production en 2018, l’augmentation significative du nombre de véhicules fabriqués à Ligny-en-Barrois constatée ces dernières années s’est poursuivie depuis. Le président de la République, Emmanuel Macron, ne s’est pas trompé en effectuant lundi 19 mai 2025 une visite dans la première entreprise privée de Meuse en termes d’effectifs. Les perspectives sont de plus encourageantes en la mature dans l’optique d’ajouter l’eCitaro (autobus 100 % électrique) à la gamme de véhicules produits sur le site lorrain. L’usine assemble des véhicules pour la France métropolitaine, mais également pour de nombreux pays européens.

Emmanuel Macron: il existe une politique écologique à la française…Elle crée des emplois parce qu’elle organise des filières.

Une stratégie différente s’illustre cette fois au Japon. Mitsubishi Fuso et Hino intègrent une nouvelle holding détenue sur un même pied d’égalité Daimler Trucks et Toyota Motors (25 % chacun). L’étendue et la nature de la collaboration, y compris le nom de la nouvelle société holding, ne sont pas encore connues dans le détail mais ce que l’on comprend c’est que cette fois, il s’agit de répondre à des attentes très spécifiques des marchés asiatiques (notamment des véhicules plus petits).

En intégrant Mitsubishi Fuso et Hino Motors, les entreprises espèrent améliorer la compétitivité des constructeurs japonais de véhicules utilitaires et renforcer les bases de l’industrie automobile au Japon et en Asie, notamment face à la Chine. Sont évoqués, aussi, bien entendu, le renforcement de l’activité des véhicules commerciaux à l’échelle mondiale grâce au développement des technologies CASE (connectées, autonomes, partagées, électriques).

Jusqu’à l’hydrogène?