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Pas de transports sans infrastructures (tout dépend lesquelles)

Augmentation de la capacité des trains, amélioration des offres multimodales, élargissement des voies : 460 M€ sont en effet alloués à la mobilité entre le Grand Est et le Luxembourg jusqu’en 2030.

Ceci sans compter les projets que le Grand-Duché du Luxembourg effectue de son côté (estimés à 1,7 milliard, ils portent essentiellement sur des investissements dans le domaine ferroviaire pour 2025-2028) et qui auront un impact positif sur les frontaliers qui viennent y travailler. En 5 ans, la fréquentation des trains Luxembourg-Metz-Nancy a bondi de 21% (395 000 voyageurs).

Petite révolution sur la ligne TER entre Luxembourg et Metz: un premier train à trois rames sera mis en service à partir du lundi 15 septembre.

Des emplois d’un côté, et pas assez de logements abordables de l’autre. Pour tenter d’améliorer la situation mais non de la résoudre – certains viennent de fort loin du côté français, vivant au fond ce que l’on supporte par exemple en région parisienne – c’est sur un renfort de transports collectifs qu’il faut pouvoir compter. Pour commencer, le train (enjeu de massification évident renforcé par la volonté du Grand-Duché de ne pas être envahi par les voitures).

« Petite révolution » a pu titrer la presse régionale avec la ligne TER entre Luxembourg et Metz : un premier train à trois rames est mis en service à partir du lundi 15 septembre 2025. En composition triple, il pourra accueillir environ 1.000 voyageurs lors du départ de 17h15 vers la France, soit 340 passagers de plus que l’habituel train composé de deux rames. Selon le ministère des transports luxembourgeois, « l’augmentation de la capacité représente environ 5% de sièges en plus sur la plage horaire de pointe du soir (16h-19h)».

Les trains de la ligne Luxembourg – Esch-sur-Alzette – Rodange et les trains TER de la ligne Luxembourg – Thionville – Metz ne circulent pas entre Luxembourg et Bettembourg et sont remplacés par des bus.

La mise en service de ce train va coïncider avec la fin du barrage ferroviaire de Bettembourg, qui était en place depuis la mi-juillet et qui contraignait les usagers à s’arrêter à Bettembourg pour ensuite emprunter un bus pour arriver jusqu’à la capitale, et inversement pour rentrer.

Les transports transfrontaliers concernent forcément deux, voire trois États. Il ne faut pas plus de dix minutes en voiture pour aller de France en Allemagne en passant par le Luxembourg au prix du franchissement d’un fleuve, la Moselle. C’est donc d’une bonne coopération entre ceux ci que dépend l’amélioration des conditions de mobilité de ceux qui, quotidiennement, franchissent la frontière pour travailler. On compte aujourd’hui entre 100.000 et 120.000 frontaliers français qui viennent travailler chaque jour au Luxembourg.

Rapport de la députée Brigitte Klinkert sur la question : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/old/17/rap-info/i1023.asp

Ainsi la mise en service du nouveau train résulte d’une initiative conjointe entre la Région Grand Est et le ministère de la Mobilité et des Travaux publics du Grand-Duché. Celle-ci a été permise par les travaux d’allongement des quais dans plusieurs gares du « Sillon lorrain » (Nancy-Metz-Thionville) afin de pouvoir accueillir un tel matériel roulant.

« entre Luxembourg et Nancy, on a un cordon urbain quasi ininterrompu, jalonné de nombreuses activités économiques, ce qui explique l’ampleur des flux » Franck Leroy, président de la Région Grand Est.

Le ministère luxembourgeois ne manque pas de le rappeler : c’est dans le cadre du protocole d’accord de 2018 et de son avenant de 2021, que le Grand-Duché a alloué une enveloppe de 230 millions d’euros, comprenant 220 millions d’euros pour les projets ferroviaires, et 10 millions d’euros pour les projets routiers que de telles avancées sont possibles. En tout « l’enveloppe franco-luxembourgeoise dédiée aux projets cofinancés en France atteint 460 millions d’euros».

 

Le développement du rail s’accompagnera de travaux sur les infrastructures le long du sillon lorrain. Celui de Thionville-Metzange (6,5 M€) et de la gare de Longwy (4,5 M€) sont déjà mis en service, celui de Thionville-Gare (10,7 M€) est pour l’instant ouvert aux résidants, et sera disponible en mars. La nouvelle gare de Bettembourg permettra (en 2029) d’en faire le deuxième pôle d’échange du Luxembourg en nombre de voyageurs, avec une nouvelle ligne Luxembourg-Bettembourg avancée à mi 2027.

Et la route?

Côté routier, des efforts sont également effectués en particulier sur l’axe structurant de l’A31 entre la Lorraine et le Luxembourg. C’est ici que l’analogie avec la région parisienne est la plus parlante. Les frontaliers connaissent maintenant des temps de trajet qui se rapprochent de ceux de leurs compatriotes de « l’intérieur » (comme le disent, il est vrai les Alsaciens). Une autoroute qui est désormais gérée par le Grand Est dans sa partie non concédée, et qui va aussi s’adapter au flux de voyageurs, avec un doublement de voie autant côté français que côté luxembourgois (A3, de 2022 à 2030) mais aussi la construction d’un nouvel axe autoroutier, l’A31 bis (2027-2035). 

Reste à savoir pourquoi des lignes de car express ne sont pas mises en place. Il est vrai qu’à cette heure, ils prendraient leur place dans les embouteillages des heures de pointe. Et si une infrastructure leur était dédiée? Bien des questions se posent, notamment, on y reviendra, en ce qui concerne les projets en cours au niveau de l’agglomération thionvilloise. J’ai le parfait souvenir d’une gare routière qui a aujourd’hui disparu. Elle est remplacée par un parking dont les capacités sont déjà atteintes. En parallèle, l’idée est toujours de faire converger les usagers vers la gare ferroviaire qui se trouve de l’autre côté de la Moselle. D’où la construction d’un pont (que dis je, de deux ponts, l’autre étant plus en amont du fleuve).

La France, en panne

Mais à cause de l’instabilité politique en France l’organisation de la « CIG », la commission intergouvernementale entre notre pays et le Grand-Duché vient d’être reportée pour la deuxième année consécutive.

Déjà repoussé en 2024 après la dissolution de l’Assemblée nationale (en juin) puis la nomination tardive du gouvernement Barnier, ce rendez-vous diplomatique prévu au Luxembourg était la principale occasion de faire avancer les relations franco-luxembourgeoises. Communauté des Français du Luxembourghttps://communautefrancaisluxembourg.comCommission intergouvernementale France-Luxembourg : la réunion du 17 septembre …

Selon le vice-premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel, les discussions de cette année devaient porter notamment « sur les domaines de la mobilité et de l’aménagement du territoire, de l’éducation et de l’enseignement supérieur, de la santé et de la sécurité sociale, de la fiscalité, de la sécurité, des services de secours et de l’environnement ». 

Au-delà du point de vigilance

L’effort luxembourgeois est parfois relativisé. Surtout par rapport à la qualité de la collaboration franco-suisse par exemple. Plus ancienne, sur des enjeux encore plus conséquent, elle semble servir de bon exemple à suivre. Quoi qu’il en soit, un jour les discussions entre la France et le Luxembourg vont reprendre. Les différentes élections qui auront lieu, et pour commencer les municipales, placeront sans aucun doute ce sujet au coeur de la campagne.

Lire Feuille-route-mobilites-transfrontalieres_2024-2027_02072024

Mais un point de vigilance apparaît immédiatement- un peu plus même  : en plus de difficultés de circulation routière, s’ajoutent très régulièrement, des perturbations sur le service ferroviaire. Trains retardés, annulés, la « galère » des usagers prend des proportions inquiétantes sur un tronçon manifestement très circulé. Est-ce que c’est une question d’infrastructure? Est ce que c’est une question d’exploitation, sur fond d’ouverture prochaine à la concurrence de la ligne TER? 

Au Grand-Duché, le ministère des transports et aussi celui des travaux publics.