
Comme si l’opération Choose France 2025 devait connaître une consécration de terrain, immédiatement ou presque, après l’évènement qui s’est tenu à Versailles, en plus de la précédente, à Ligny en Barrois, sur le site de l’usine du constructeur Daimler, dans la région voisine, Emmanuel Macron a fait le déplacement et s’est exprimé en faveur d’une « écologie à la française, qui crée des emplois parce qu’elle organise des filières ».
Emmanuel Macron avec Ayumi Kurose, le dirigeant du site.
Exemple, avec une usine de batteries à Douai (Nord).
Cette fois encore, l’exemple est tiré de la mobilité électrique. Si elle compte nombre de détracteurs, elle poursuit son chemin. En se déplaçant mardi 3 juin à Douai (Nord) dans la gigafactory d’AESC Envision avant d’inaugurer une Maison France Services à Wallers, Emmanuel Macron a manifestement souhaite mettre en valeur deux résultats : la relance économique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et les premiers résultats de sa reconquête industrielle lancée en 2017.
Le choix d’inaugurer une usine de cellules de batteries implantée sur ce qui était encore, il y a quatre ans, un terrain laissé en friche en bordure de l’usine Renault participe évidemment du symbole. L’entreprise avait annoncé ses intentions en grande pompe lors de Choose France en juin 2021. Aujourd’hui, le projet de papier à 1,3 milliard d’euros s’est mué en cathédrale industrielle qui emploiera près de 1000 personnes en fin d’année.
Des batteries made in France
Bien déterminé à défendre son bilan sur le plan industriel, le président de la République ne pouvait pas manquer de célébrer une forme de victoire (le pendant de celle sportive, du week end, et de l’investisseur du Qatar). C’est de cette usine que sortiront les batteries de la future R5 électrique, encore un symbole. Investissement: 1,3 milliard d’euros, inclus des aides publiques et européennes (la production sera d’origine Douai à 100% au premier semestre 2026).
La capacité de production du site serait actuellement de 10GWh, mais AESC a fait savoir en 2021 qu’il pourrait monter jusqu’à 31,5GWh si Renault, mais aussi d’autres éventuels clients, étaient demandeurs.
Les batteries du site de Douai sont basées sur une chimie NMC (Nickel Manganèse Cobalt) avec une forte densité en énergie. Mais la demande sur laquelle table en particulier le gouvernement, se porterait plutôt vers des voitures électriques plus abordables, avec des batteries de chimie LFP (Lithium Fer Phosphate) moins chères; inconvénient : elles proposent une autonomie moindre.
Qu’il s’agisse de favoriser l’implantation d’investisseurs étrangers, chinois en particulier, ou qu’il s’agisse d’appuyer une politique résolue de décarbonation par la construction de véhicules zéro émission (à l’échappement), le succès de l’entreprise passera par le développement d’un écosystème complet, comme on peut le voir dans d’autres secteurs.
ZFE, ou l’art de faire et défaire
Ici c’est toutefois au bassin minier que le président de la République a tenu à manifester tout particulièrement son attention. Il a notamment exhorté les parlementaires à ne pas revenir sur les ZFE (elles sont pour l’heure supprimées et leur sort est entre les mains d’une commission mixte paritaire). Ce qui agace particulièrement Emmanuel Macron.
Il faut espérer que les rumeurs concernant une délocalisation de la production dans le Nord vers l’Espagne soient infondées. L’info vient du journal spécialisé espagnol « La Tribuna de Automocion » relayée par l’Argus; l’opération concernerait la future plateforme de SUV électrique de la marque au losange et elle interviendrait dès 2028. « Une décision (si elle était confirmée, ndlr.) aux airs de trahison envers un Etat français qui a prêté plus de 8 milliards d’euros depuis 2009 et accordé de belles aides pour sauver l’entreprise » (qui d’Ampere ElectriCity ?). Une autre façon d’interpréter la visite du président de la République?




