masquer / voir la publicité

Portes ouvertes

 

« Portes ouvertes »

Des travaux récents du Conseil d’analyse économique, signés par Sylvain Chassang de l’université de Princeton, semble enfoncer une porte ouverte. Et même plusieurs. 

« Si une électrification accélérée du parc est indispensable, elle ne suffira pas si on ignore la dynamique du marché de l’occasion et les usages réels des véhicules ».

Lire http://Véhicule électrique : ne pas rater l’occasion

Mais plusieurs propositions sont mises sur la table : sobriété des usages, véhicules électriques d’occasion accessibles, engagement des conducteurs à passer à terme à l’électrique ou encore verdissement des flottes d’entreprises – qui permettraient de réduire les émissions du transport individuel, et ce à moindre coût pour les ménages, les constructeurs et les finances publiques ! 

L’initiative « Mon Plan Auto », issue de ces travaux, propose un « contrat citoyen » autour d’un triptyque : je garde, je réduis, je m’engage. Un registre sémantique orienté sur la volonté, le libre arbitre. En bref, la liberté reconnue aux Modernes.

J’inidque ici deux éléments, qui proposent un autre angle. Et peut être un biais idéologique différent…Le premier consiste à redonner une signification géographique à la mobilité. Ainsi le « Grand dictionnaire universel » (1874) de Pierre Larousse précise que la mobilité peut se définir comme la « facilité à être mis en mouvement » ou comme la « facilité à se mouvoir ». Comme l’a noté Michel Lussault, la géographie n’a peut être pas suffisamment pris en considération la dimension sociale de ces mobilités, qui se sont intensifiées et généralisées après la révolution des transports commencée au XIXe siècle. Mais les choses ont changé depuis. La thématique des enjeux de mobilité et de leur financement arrive cependant à un moment où les finances publiques et le pays dans son ensemble traversent une très grave crise. Elle ne va manquer de se traduire politiquement.

En rappelant l’ouvrage de Gilles Savary (in Entretien avec Gilles Savary, homme politique, auteur de la « ville inaccessible »), j’ai souhaité redonner à la dimension sociale des mobilités tout l’intérêt qu’elle mérite et que « la crise des Gilets Jaunes » a, me semble-t-il amplement illustrée. Paradoxalement ce sont les phénomènes de sédentarité qui mériteraient notre attention, d’assignation à résidence.

Le second élément, directement lié au premier, pointe quant à lui, le profil des heureux acquéreurs d’un véhicule neuf. « Les clients ne sont pas jeunes. Cela ne s’arrange pas. Leur âge moyen s’élève à 54,3 ans très précisément, d’après les statistiques compulsées par le cabinet C-Ways  Le chiffre varie selon les marques (de 58 à 46 ans). De là à penser que les voitures sont trop chères, il n’y a qu’un pas. Tentant de le franchir. 

Alors que le niveau de vie médian réel n’a pris que 6 % entre 2010 et 2024, le prix des voitures neuves, lui, a bondi de 70 %. Le logement d’abord, la voiture après. Si c’est possible …

Lire aussi Sobriété: et si on commençait par le poids des véhicules?