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Transition et mobilités : l’impasse ?

C’est bien de la transition écologique et énergétique dont il s’agit; elle serait dans l’impasse.

Interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035, bonus écologique, leasing social, zones à faibles émissions (ZFE)… Dans son rapport publié le 9 octobre, l’Institut Montaigne pointe des mesures «mal séquencées, imparfaitement ciblées, présentées de manière confuse et décidées de manière centralisée» ; elles ne sauraient espérer susciter de la part des citoyens l’adhésion dont cette politique a en réalité besoin. 

Pourtant, le rapport qui fait 120 pages, l’Institut Montaigne souligne que plus de huit Français sur dix (82%) déclarent se sentir concernés par l’urgence climatique. Sur la transition écologique, huit sur dix considèrent également qu’ils ont autant, voire plus à y gagner qu’à y perdre.

Mais voilà, dans les transports, le discours n’imprime pas comme prévu. « Premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, il est aussi le seul où les émissions ne baissent pas, et celui où les politiques menées sont les plus contestées», constate  le think tank. La faute notamment à des mesures contraignantes «sans alternatives crédibles à court terme». «L’achat d’un véhicule électrique neuf représente encore plus d’un an de revenu pour un ménage de la classe moyenne», note justement le rapport. 

Les zones à faibles émissions (ZFE) ont été officiellement supprimées par l’Assemblée nationale le 17 juin dernier ; mais que va t il se produire ? (1) Même validé par les députés, le texte doit désormais passer devant en commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, pour qu’elles puissent disparaître en tant que telles. Cette étape passée, le Conseil constitutionnel pourrait décider de retoquer le volet ZFE inclus dans cette « loi de simplification de la vie économique », son nom officiel, en considérant que le volet en question n’a aucun lien avec la nature de la loi. Un « cavalier législatif » prend toujours le risque d’être annulé. Portail Orangehttps://auto.orange.frZFE : les 42 villes où la vignette Crit’Air sera obligatoire en 2026 – Orange – Auto

Quoi qu’il en soit, le rapport ci dessous souligne que «plus de la moitié des véhicules détenus par les 10 % de ménages les plus modestes sont classés Crit’Air 3 ou plus – c’est-à-dire potentiellement exclus de la circulation dans les ZFE – contre seulement 21 % pour les 10 % les plus aisés».

Au contraire, le bonus écologique «bénéficie dans les faits principalement aux ménages les plus aisés». Je cite. Quant au leasing social, «son efficacité en termes de réduction des émissions reste limitée au regard de son coût pour les finances publiques», considère le think tank.

Inciterait-on à un changement que la plupart des Français ne peuvent en réalité pas réaliser. Quand bien même ils le voudraient. C’est clairement dit : « l’injonction à changer sans possibilité de le faire provoque un sentiment d’injustice, voire de colère chez un quart des Français interrogés». Il en résulte un rejet observé au sein d’une partie de la population, source de contestation comme celle des « gilets jaunes ». Le risque éruptif est devenu maximal aujourd’hui.

La situation politique nationale va immanquablement se traduire, se traduit déjà, par une très profonde désaffection. Le think tank cite le cas de l’élargissement du marché carbone européen au transport routier à compter de 2027. Le SEQE-UE 2 (ETS 2), adopté en 2023 par l’Union européenne, est un nouveau marché carbone qui démarrera en 2027 et qui couvrira les émissions de CO2 des énergies fossiles utilisées dans les secteurs du transport routier, du bâtiment, de la construction et de la petite industrie.

Il pourrait « entraîner toutes choses égales par ailleurs une augmentation des prix à la pompe  entre 10 et 15 centimes par litre», écrivent les auteurs du rapport, qui soulignent que cette hausse «est identique à celle du prix du gazole entre 2014 et 2018 et deux fois supérieure à celle du prix de l’essence. 

Ministères Aménagement du territoire Transition écologiquehttps://www.ecologie.gouv.frMarchés du carbone – SEQE-UE 2 | Ministères Aménagement du territoire …

Nous sommes à un « moment charnière, où l’adhésion d’une majorité de citoyens devient indispensable pour enclencher une dynamique collective durable et éviter tout retour en arrière » défend le think tank. Avec le risque d’une remise en cause de l’ensemble de la trajectoire climatique comme sanction. A un moment chimérique, peut être aussi. 

On peut toutefois relever trois pistes.

1- la question de l’accessibilité des réseaux, de l’offre en général, en revenant au coeur de ce qu’est l’accessibilité, telle qu’il s’agit de la réinventer. A destination des personnes à mobilité réduite. Seulement 42 % des réseaux de transport urbains français déclarent avoir atteint une accessibilité complète. Mais c’est au sens maximal du terme ; il faut aujourd’hui faire preuve d’imaginer pour y tendre, avec des solutions innovantes.

2-Réinventer des offres plus flexibles, plus lisibles, à la fois collectives et individualisées comme la mobilité autonome. Mais aussi, laisser plus de place à l’initative privée. On y reviendra. C’est là une question essentielle.

3-Adapter les horaires, les infrastructures et surtout les interfaces et la gestion des flux à un maximum d’attentes. 

Exite t il une plateforme pour ce programme?  

Note

(1) L’Assemblée nationale a approuvé, fin juin, la suppression de ces zones dites à faibles émissions, ainsi incluse dans un article d’un projet de loi dit «de simplification de la vie économique», visant à faciliter le quotidien des entreprises, notamment des PME. Sauf que certains élus s’entêtent à maintenir ces espaces interdisant la circulation des véhicules les plus polluants, jugés pénalisants pour les ménages les plus modestes. Comme à Lyon, alors que la loi est en sursis. Capital.frhttps://www.capital.fr«Avec la suppression des ZFE en France, à nous les villes sans restrictions !»

Elena Novikova

 

Note

(1) L’Assemblée nationale a approuvé, fin juin, la suppression de ces zones dites à faibles émissions, ainsi incluse dans un article d’un projet de loi dit «de simplification de la vie économique», visant à faciliter le quotidien des entreprises, notamment des PME. Sauf que certains élus s’entêtent à maintenir ces espaces interdisant la circulation des véhicules les plus polluants, jugés pénalisants pour les ménages les plus modestes. Comme à Lyon, alors que la loi est en sursis. Capital.frhttps://www.capital.fr«Avec la suppression des ZFE en France, à nous les villes sans restrictions !»