
On en sait à un peu plus sur la conférence de financement des mobilités. Dominque Bussereau avait annoncé qu’elle débuterait en mai ; ce sera le cas. Il avait également indiqué qu’elle pourrait se tenir en province; c’est également le cas, puisque la première réunion se tiendra à Marseille, le 5 mai prochain. Philippe Tabarot l’a annoncé à « La Tribune ».
Autre élément qu’avait indiqué cette fois le ministre, lui-même, elle serait « ouverte » – quasi participative. Dès ce mercredi, une plateforme de consultation en ligne a été mise en place pour pouvoir permettre « un échange avec l’ensemble des acteurs du transport et des associations, en complément des auditions qui seront réalisées par les groupes de travail. Mais associer les acteurs et spécialistes de mobilité n’est pas suffisant, le gouvernement veut entendre le pays.
Philippe Tabarot a annoncé qu’une « étude » était en cours pour recueillir la vision des Français sur les transports d’aujourd’hui et de demain ». Surtout éviter de donner l’impression de l’entre-soi.
Son prédécesseur avait eu à coeur de se faire le porte-parole de ceux qui n’ont pas de solutions de mobilité collectives à proximité de chez eux, l’actuel locataire de l’hôtel de Roquelaure tient le cap; même s’il s’est montré moins allant que François Durovray, si son style est plus en accord avec les élus des transports, et les parlementaires qu’il connaît bien, il a lui aussi tenu un discours de réalité sur plusieurs thématiques, dont la complémentarité rail-route est un des points clés des futurs services express régionaux métropolitains (SERM) – principalement construits autour des étoiles ferroviaires, les SERM n’en comportent pas moins un volet routier – les fameux cars express, et un volet de services.
Le travail de la conférence devrait toutefois être cadré. « En amont, nous avons mobilisé une trentaine d’experts de l’Etat qui ont travaillé sur des données pour que le travail soit le plus efficace possible et que nous partions d’un diagnostic partagé ». Le constat est bien celui d’un sous-investissement dans le ferroviaire, mais aussi dans le domaine routier. Le ministre, qui s’est déclaré favorable à la poursuite du projet d’A69, allant jusqu’à contester la décision du tribunal administratif de Toulouse décidant de stopper net les travaux, ne saurait ici surprendre.
Il évoque même une « dette grise », avec une détérioration de ces infrastructures auquelle il faut remédier.
S’il y a bien un domaine dans lequel la manque d’anticipation a de cruelles conséquences, c’est bien celui-là. Au passage, il souligne le bon état du réseau autoroutier, ce qui constitue au moins le signe que ce gouvernement n’entend pas, lui, remettre en cause le modèle qui a permis d’atteindre un résultat satisfaisant : le paiement à l’usage.
Mais fera-t-il école dans les transports urbains où le versement mobilité, une taxe, constitue aujourd’hui la ressource essentielle pour leur investissement mais aussi, d’une manière inquiétante, de leur fonctionnement (à hauteur de 80%)?
Au passage, Philippe Tabarot regrette la suppression de l’Agence de financement des infrastructures de transport (AFITF, ndlr) – une décision prise par la commission spéciale de simplification, qui s’est aussi attaqué aux zones à faibles émissions; elle permettait de planifier dans le temps long. Sécuriser une enveloppe pour remettre les réseaux de transport à niveau, ce faisant s’abstraire de l’annualité budgétaire lui paraît essentiel. Prudent, il n’en dira pas plus.
Reste à la taille de l’enveloppe. Avec les 40 milliards d’euros d’économie escomptés par le gouvernement en 2026, la question ne peut manquer d’être posée.
En faisant les comptes on arrive à 2 milliards d’euros à dégager par an pour le ferroviaire et 1,5 milliard pour les routes. « Toutes les solutions qui permettent d’assurer ces financements sont les bienvenues » semble conclure, Philippe Tabarot.
On imagine le casse-tête.




