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Sénégal: focus sur trois sujets : le TER, le BRT et l’Autoroute de l’avenir

🇸🇳Le Sénégal est un pays passionnant, et en plein développement.
Le Tran Express Régional
Le TER est l’un des projets structurants du Plan Sénégal Emergent (PSE). Il reliera à partir du mois de septembre 2025 le centre ville de Dakar – la gare emblématique qui a vu œuvrer Eiffage en 2021 – à l’ouest aéroport International Blaise Diagne (AIBD) situé à 57km (temps de parcours, 45 minutes).

Lien : https://lnkd.in/e-4tBKRe
NB: Le premier tronçon (36km) est exploité depuis 2022, avec 90000 passagers/jour. Bien que nommé « TER », il s’apparente plus à mon avis à une ligne de RER, ayant des horaires cadencés et denses (avec une fréquence de 10 à 20 minutes), des stations rapprochées ainsi qu’une tarification particulière (Carte Sama TER). Cette ligne a pour principal objectif de mieux connecter la capitale au pays et y réduire les embouteillages. Elle est complémentaire à l’autoroute A1. Dakar concentre la majeure partie de l’activité du pays, elle attire de plus en plus de Sénégalais.
Au-delà de la desserte de l’aéroport AIBD, via Diamniadio (19km), il s’agit de redynamiser le transport ferroviaire dans un pays qui disposait d’un réseau dense au sortir des années 1960, pour les voyageurs mais aussi pour le fret. Si la population à Dakar ne cesse d’augmenter, raison pour laquelle a été mis en place un BHNS – le BRT – qui sera suivi de lignes de rabattement, il s’agit aussi de réduire le trafic routier lié au transport de marchandises au départ du port de Dakar et qui relie le Sénégal au Mali (2000 véhicules/jour)
Lien : https://lnkd.in/e7jb2jUp
J’ai rencontré Cheikh Ibrahima Ndiaye, directeur général du SENTER, et cheminot de son état, avec lequel nous avons notamment évoqué les choix stratégiques de l’Etat du Sénégal en matière de transport ferroviaire et de développement économique, mais aussi des questions plus techniques comme le système de gestion du trafic ferroviaire qui sera retenu, proche si ce n’est identique au système ERTMS. Lien : https://lnkd.in/eWZDTGgX Mode d’exploitation L’Etat a confié via la SENTER (Société nationale de gestion du patrimoine du TER) l’exploitation et la maintenance du TER de Dakar à la SETER, une filiale de la Groupe SNCF (100% ; mais bientôt le FONSIS – Fonds Souverain du Sénégal a vocation à faire son entrée au capital comme dans le cas du BRT Dakar. Le contrat de service s’apparente à une gérance et non à une concession comme pour le tronçon d’autoroute confié à Eiffage (la SECAA) Nous lire : https://lnkd.in/enh2M3D3
Le « Bus Rapid Transit », ou un BHNS
Pour apporter une solution efficace et durable aux difficultés de transport dans la capitale, l’État du Sénégal, à travers le Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (AOM), a misé sur une offre structurante le « Bus Rapid Transit » (BRT). Mais le BHNS débute un système de transport complet ; il améliore considérablement le temps de parcours, le confort et la sécurité des déplacements sur un peu plus de 18 km (avec 3 pôles d’échange), et il est décarboné.

Lissoune Fall, directrice marketing et commercial, et à Ali Sidikou, secrétaire général, de DAKAR MOBILITE

Exploité par la société concessionnaire DAKAR MOBILITE, le BRT propose un transport collectif moderne à plus de 60000 passagers/jour (des pics ont été enregistrés à plus de 70000; pour le moment, avec deux types de service : omnibus et semi express, lequel remporte statistiquement un franc succès). Soit 750 salariés pour l’exploitant (dont prés de 40% de femmes, y compris à la conduite) et une flotte de bus électriques de 121 unités du constructeur chinois CRRC Corporation Ltd.
Une fois la phase actuelle de « mise en service » achevée, ce nombre pourrait doubler avec en tout deux types de service supplémentaires (semi express – mais plus rapide – dés mars 2025 -, et un express intégral sur une moitié du parcours). Avec des planchers haut (car il y a une rampe d’accès), le BRT a vocation à s’intégrer dans un programme plus large, à la fois avec des lignes de rabattement et une offre complète et plus fine de transport à terme (routes rénovées, nouveaux véhicules, véhicules au gaz, billettique intégrée) « C’était nécessaire, et même essentiel ». On accède facilement au BRT; des équipes accueillent les passagers, permettent d’obtenir rapidement un billet à l’unité (il existe aussi plusieurs formulent d’abonnement). De bout en bout, le temps de parcours entre Guédiawaye et Peterson passeront de 90 à 45 minutes.

La région de Dakar, caractérisée par une forte densité urbaine, regroupe l’essentiel des fonctions administratives, politiques, économiques et culturelles du pays. Avec 3,63 millions d’habitants aujourd’hui (et une projection de 5 millions d’habitants à l’horizon 2030), Dakar abrite près de 24% de la population totale du pays, 50% de la population urbaine et 70% du parc automobile immatriculé sur une superficie qui équivaut à seulement 0,3 % du territoire national. Avec un taux d’accroissement moyen annuel de la population de près de 3%, ajouté à l’augmentation annuelle du parc automobile à Dakar (environ 10% annuellement), le volume des déplacements, notamment motorisés, sera doublé dans un horizon de 20 ans. C’est dans ce contexte que l’État du Sénégal a entendu promouvoir les transports collectifs et innover avec un BHNS mais aussi, nous le verrons demain, un train, de type TER. Dakar Mobilité est le concessionnaire du BRT de Dakar, c’est une société sénégalaise détenue à 70% par Meridiam et à 30% par le FONSIS – Fonds Souverain du Sénégal. Elle est en charge de l’acquisition de la flotte de bus électriques, l’exploitation et la maintenance du système BRT de Dakar.

Une publicité (pour le TER) fort à propos
L’Autoroute de l’avenir 
Plusieurs sujets à l’ordre du jour de mon retour au Sénégal. Le premier qui fait l’objet de ce post, concerne plus particulièrement la société Eiffage qui est ici concessionnaire de l’autoroute reliant Dakar et l’Aéoroport International Blaise Diagne (AIBD). L’opération a été réalisée en deux phases : via la SECAA (la Société de la Concession de l’Autoroute de l’Avenir (SECAA), elle a d’abord concernée le tronçon à péage Dakar-Diamniadio, puis le second qui a achevé la liaison avec l’AIBD le 24 octobre 2016. Depuis, la modernisation des équipements n’a cessé : au-delà de l’entretien du corridor, des équipements sont venus améliorer son attractivité, mais aussi la sécurité avec un réseau de caméras et de manière plus prosaïque des aires de repos, conçues et réalisées dans une approche écoresponsable plutôt impressionnante.

Le retour à la tradition: une construction en « terre crue » (sur l’autoroute où Eiffage multiplie les équipements: aires de repos, avec toilettes, lieux de prière, etc.)

La modernité : le poste de contrôle (il se situe à proximité du siège d’Eiffage, au niveau de Rufisque)

Accroître la sécurité est un vrai enjeu, mais aussi la régulation du trafic qui implique des équipements sophistiqués comme le poste central que j’ai pu visiter (photo) et qui se trouve au niveau des bureaux de la SECAA. Il faut enfin suivre l’urbanisation à proximité des infrastructures existantes et contribuer à décongestionner le trafic d’où la réalisation de deux échangeurs supplémentaires : l’un à Rufisque Est, à proximité de l’endroit où je me trouve, et deux autres à Keur Massar). https://lnkd.in/enh2M3D3 (notamment pour y suivre des contenus plus détaillés et les indispensables cartes et schémas organisationnels)
L’autoroute Dakar – Diamniadio – Thiès constitue l’un des grands projets structurants pour le pays ; il vise à : recréer les conditions optimales pour permettre à Dakar de jouer pleinement son rôle de pôle économique; permettre un développement équilibré du territoire; définir et mettre en place de meilleures politiques urbaines en matière de transport, d’environnement, de logement, etc. Je reviendrai sur cet aspect puisque je rencontre ici les Tranports (Adm centrale).
Lien : https://lnkd.in/eUJTi2G4
Anciennement « Entreprise des Travaux du Port de Dakar », Eiffage au Sénégal est présent dans le pays depuis 1926. Son expertise s’étant assez logiquement aujourd’hui à des problématiques énergétiques dans la tradition du Groupe, particulièrement au Sénégal où les différents métiers travaillent dans une grande complémentarité. Eiffage se met en ordre de marche tout au cours du contrat de concession non seulement pour ses propres équipements (notamment les gares de péage ou les aires de repos en plein développement que j’ai évoquées), mais aussi, et c’est une vraie nouveauté, pour des clients tiers du corridor autoroutier concédé, avec de la production d’énergie solaire. Un enjeu que l’on retrouvera demain avec un nouveau « short » concernant cette fois le Bus Rapid Transit (BRT).
Lire 👉🏻 https://lnkd.in/e9CS2hWK
Mes remerciements à Xavier IDIER et à sa formidable équipe ici et notamment Pathé Ndoye, nouveau DG adjoint.