Alors que le premier ministre et son gouvernement sont en grande difficulté (ndlr. cet article a été écrit avant la censure du gouvernement), Michel Barnier a confirmé plaider pour l’automobile (elle concentre de nombreux plans sociaux actuels), une suppression des sanctions que le règlement Cafe – Corporate Average Fuel Economy prévoit l’an prochain d’imposer aux constructeurs ne respectant pas la marche d’une baisse de 15 % de leurs émissions ; elles seront sur la table de son successeur.
(et c’est effectivement le cas, début 2025, avec l’annonce de l’arrivée de pas moins de 16 nouveaux modèles électriques sur le marché, beaucoup proviennent de Chine)
Face à la menace des droits de douane et au durcissement de la réglementation européenne, les industriels chinois se préparent assez logiquement à produire davantage de technologies « vertes » en Europe. Reste encore à savoir selon quelles modalités. Le chinois Das Solar par exemple pourrait prendre de vitesse les projets d’usines de panneaux solaires en France – en Bourgogne-Franche-Comté.
Se développer en Europe
Conscients qu’il leur faudra réagir les industriels chinois avancent leurs pions : initialement très concentrés sur les véhicules électriques ou les batteries, ces derniers s’attaquent désormais à la production de panneaux solaires et d’électrolyseurs indispensables à la fabrication d’hydrogène « vert » en Europe. Mais aussi à l’éolien en mer, qui restait jusqu’ici la chasse gardée des géants européens, tels que Vestas ou Siemens.
Géographie de la voiture électrique en Europe – une concurrence interne ?

Sur les onze projets de nouvelles usines dans les véhicules électriques annoncés par des groupes chinois en Europe depuis 2022 trois ont été confirmés à ce jour, pointe Rhodium Group. Il s’agit de celui de CHERY en Espagne, de BYD en Hongrie et de GEELY en Slovaquie.
Les autorités chinoises reconnaissent l’importance d’investir à l’étranger et notamment en Europe pour booster leurs champions nationaux ; mais ils sont aussi très prudents sur les transferts de technologie et le potentiel de perte d’emplois ou de création de valeur pour la Chine, d’autant que la Commission a pris le mors aux dents avec l’arme de la taxation.
En juillet dernier, le ministre du commerce a recommandé aux constructeurs de garder la fabrication de leurs technologies les plus avancées en Chine et de n’exporter que leur assemblage.
Cet été, BYD a ainsi mis son cap sur la Turquie où il ambitionne de construire une nouvelle usine pour 2026 (on se souvient qu’il s’était implanté dans les Hauts de France mais n’est pas resté, à la suite de son échec à pénétrer le marché de la Région Ile de France). Quant à Yutong Bus & Coach pour le marché du bus électrique, il semble toujours très hésitant en dépit de leur opération séduction du mois de mai avec l’invitation de la presse et médias du secteur.
Des barrières douanières ne font pas une politique industrielle même si elles peuvent momentanément y contribuer. A suivre.




