La mise au jour d’un potentiel gisement d’hydrogène blanc en Lorraine suscite un vif intérêt. Pour l’heure, le projet demeure strictement scientifique, mais LA FRANCAISE DE L’ENERGIE (FDE), principal acteur impliqué, esquisse déjà les perspectives d’usage de cette ressource prometteuse. L’attribution d’un éventuel permis d’exploitation reste toutefois conditionnée à une étape clé : la démonstration de ressources exploitables en quantité suffisante.
« Toute la difficulté consiste à estimer l’hydrogène naturel dissout dans l’eau. C’est une première à l’échelle mondiale », explique Yann Fouant, responsable des relations publiques et des nouveaux projets au sein du groupe. Les campagnes de forage en cours doivent précisément permettre de lever cette incertitude. « Une fois les 4 000 mètres atteints, nous serons au plus près de la zone de formation de l’hydrogène », ajoute-t-il.
Selon les estimations des chercheurs — indépendantes de celles de l’industriel — le bassin carbonifère sarro-lorrain, dont l’extension est exceptionnelle (16 000 km² sur environ 3 km d’épaisseur), pourrait renfermer jusqu’à 34 millions de tonnes d’hydrogène blanc. Un volume théorique qui, s’il se confirmait, serait susceptible de couvrir les besoins annuels européens, évalués à 2,5 millions de tonnes à l’horizon 2030. De quoi nourrir l’espoir d’un véritable changement d’échelle énergétique, voire d’un basculement à l’échelle internationale — du moins, veulent-on le croire à ce stade.
Dans cette perspective, FDE identifie quatre grandes catégories d’acteurs susceptibles de bénéficier de cette ressource. L’industrie lourde (sidérurgie, cimenterie, verrerie, chimie) y voit un levier pour poursuivre ses activités tout en réduisant son empreinte carbone. Les gestionnaires de réseaux gaziers — tels que hashtag#MosaHYc, NaTran ou Teréga — s’intéressent au potentiel de transport et de distribution de l’hydrogène, à l’échelle locale, voire au-delà si la demande le justifie.
Le secteur des carburants et des mobilités (véhicules hydrogène, e-fuels, ammoniac, carburants aéronautiques durables) constitue un autre débouché possible, l’hydrogène étant déjà utilisé ou expérimenté dans les transports terrestres, maritimes et aériens.
Enfin, les collectivités pourraient y recourir pour des usages tels que la production d’électricité ou l’alimentation de réseaux de chaleur urbains.
Si les performances de l’hydrogène blanc sont meilleures, incontestablement, que celles du gris, creuse t il par ses performances l’écart avec l’hydrogène vert produit par électrolyse ? Et surtout, l’hydrogène blanc fait il la différence pour la mobilité avec les véhicules à batteries (rendement énergétique, infrastructures, etc.) ?
Eric Ritter
Lien vers l’article du journal local : https://lnkd.in/ev8jqBtY





