Dans les transports, pérenniser à leur poste les grands patrons pourrait s’avérer une bonne idée. Et même d’une manière générale, alors que le pays s’enfonce dans une instabilité politique qui durera certainement jusqu’aux prochaines élections présidentielles (en tout cas, jusqu’à la prochaine possibilité d’élections législatives, soit juin-juillet 2025°
Après un long intérim fortuit de cinq mois et demi, entraîné par la dissolution de l’Assemblée nationale, Jean Castex sera officiellement reconduit pour un mandat complet de 5 ans à la tête de la RATP (après deux auditions au Sénat et à l’Assemblée, devant des commissions ad hoc).
Arrivé en 2022 à la tête de l’opérateur de transport public, après un bref passage à la tête de l’Afit-France (l’agence chargée de distribuer les subsides publics de l’Etat aux différentes formes de mobilités), Jean Castex avait d’abord achevé le mandat de Catherine Guillouard, démissionnaire de son poste pour raisons personnelles. Il s’agit donc pour lui dans ce nouveau mandat de transformer l’essai après un redressement financier et surtout opérationnel de la Régie.
Je me souviens de notre conversation, et fort est de constater qu’il avait raison : on n’a pas assez confiance en nous, on pense trop souvent que ça va mal se passer (les JO, grève dans les transports…). Bien sûr, c’était avant les élections législatives et cette évidence qui s’est peu à peu imposée : le budget 2025 serait difficile, très difficile même à boucler.
Mais ce qui me souciait, surtout à ce moment (l’idée qu’on ne verrait pas de si tôt les 100 milliards pour le ferroviaire me trottait déjà dans la tête, mais bon…) c’était les recrutements dans les transports. En attendant les véhicules autonomes…
En « professeur d’énergie », Jean Castex ne m’a pas laisser trop douter sans réagir. C’est un homme direct, suprenant par sa spontanéité. À écouter les louanges adressées par les sénateurs, puis par une majorité de députés, l’ancien Premier ministre s’est plutôt bien acquitté de sa tâche, et il demeure populaire en dépit de l’épisode du Covid.
Mais de nouvelles épreuves s’annoncent pour le PDG sortant. Pressé de questions sur le maintien de la ponctualité à un bon niveau comme l’été dernier et sur les acquis à conserver, Jean Castex refuse les promesses irréalistes, faisant finalement chorus avec son ministre de tutelle : « Les JO étaient un sprint, alors que la RATP court toute l’année un marathon. On ne peut pas faire de l’heure de pointe en permanence », relativise-t-il avec sagesse.
Un réseau à forts enjeux
Durant la parenthèse des Jeux, IDFM, l’autorité organisatrice de la mobilité à l’échelle de la région capitale, a débloqué des crédits à hauteur de 250 millions pour mettre en oeuvre tous les moyens possibles, calés sur un objectif théorique de 7 millions de passagers quotidiens sur le réseau ferré, alors que les volumes moyens n’étaient que de 4,3 millions de clients par jour, en raison des congés. Très loin des volumes traditionnels en Ile-de-France, de 10 millions au total dont 7 millions sur le réseau de métro, RER et tramway. Autre sujet, l’ouverture à la concurrence pour le réseau de bus de Paris et petite couronne, actuellement en cours. Puis celui du tramway et enfin du métro, prévu pour 2039.
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