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Décarbonation des transports : 3 entreprises engagées pour des relais sur autoroute.

Arnaud Quemard et Eric Ritter

Inauguration ce jour, sur l’aire de Sommesous (A26), de la première station-relais du réseau européen pour la décarbonation du transport routier de marchandises, en présence de Clemence Fischer, directice générale mobilité électrique Engie, Arnaud QUEMARD, directeur général de sanef groupe et Mathieu Friedberg, directeur général de CEVA Logistics.

Ravi d’avoir fait le déplacement pour poursuivre la conversation sur la décarbonation des transports. Nous reviendrons vers vous avec de plus amples informations. 

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La station a été initiée dans le cadre du projet ECTN (European Clean Transport Network Alliance) de logistique bas carbone ; mais elle est ouverte à tous. La réservation de créneaux est possible.

Avec ce projet, Engie poursuit au côté de la société d’autoroute SANEF et de CEVA Logistics, son engagement sur la décarbonation du transport routier : une installation de deux pistes avec une borne de 400 kW CCS ultra haute puissance Alpitronic et une borne 100kW CCS de secours assurant un taux de disponibilité élevé.

Le concept ECTN, basé sur un réseau de terminaux pour l’avitaillement bas-carbone des camions, ouvre la voie, dès aujourd’hui, à la décarbonation du transport routier de marchandises longue distance, sans faire appel à des innovations technologiques particulières.

Il s’agit de créer sur le réseau autoroutier des stations relais équipées de bornes de recharge électrique et de pompes d’avitaillement en bioGNC pour les poids lourds, au niveau desquelles les remorques sont décrochées puis raccrochées au camion tracteur du segment suivant.

Le trajet test entre Avignon et Lille est découpé en 4 segments : Avignon (Vaucluse) – Lyon (Rhône) – Dijon (Côte-d’Or) – Lille (Nord), et donc Sommesous (Marne) – chaque camion effectuant deux allers-retours par jour entre deux de ces stations relais.

Chaque envergure a sa chance comme en témoignent la présence de trois constructeurs : Daimler Truck AG  Renault Trucks et Volvo Trucks. En parallèle, une étude de faisabilité, confiée à une équipe composée d’experts en logistique (CEVA), en infrastructures autoroutières (SANEF) et mobilité lourde bas-carbone (ENGIE) – une équipe d’experts de ENGIE Impact et de Carbone 4, a été lancée afin de modéliser l’ensemble du concept tel qu’il pourrait être déployé à terme en Europe. 

 

Le déploiement de camions électriques, facteur d’accélération de la décarbonation  

Parmi les leviers disponibles pour décarboner le transport routier, le changement de motorisation reste prioritaire. L’électrique est l’alternative qui s’imposera pour les poids lourds, comme décrit dans les scénarios transitions 2050 de l’ADEME

L’utilisation de camions électriques sur des segments autoroutiers d’environ 300 km permet de contourner les contraintes opérationnelles d’autonomie. En termes logistiques, le modèle ECTN permet un usage maximisé des camions (kilométrage annuel doublé comparé aux camions diesel) ainsi que des infrastructures de recharge.

 

16 mois d’expérimentation qui valident les avantages du concept ECTN

Au terme de 16 mois d’expérimentation en conditions réelles, totalisant plus d’un million de kilomètres parcourus par des poids lourds bas carbone, des premiers enseignements se dégagent, attestant des multiples avantages de la solution ECTN.

·         En termes de décarbonation, une division par 4 des émissions de GES est constatée sur la partie autoroutière entre Lille et Avignon. Le principe de boucles entre deux stations-relais permet à un poids lourd bas carbone de remplacer deux camions diesel traditionnels.

·         Le temps de transport des marchandises (transit time) est optimisé. Ainsi entre Avignon et Lille, il passe de 23h à 17h, ce qui correspond à une réduction de 25% du temps de transport.

·         Le principe de trajets allers-retours quotidiens fixes de quelques centaines de kilomètres avec des horaires réguliers améliore les conditions de travail des chauffeurs routiers et participe à l’attractivité du métier de conducteur dans un contexte de large pénurie.

·         Enfin, en privilégiant l’installation des stations-relais sur des aires de services existantes et déjà fréquentées par les poids lourds, que ce soit sur l’autoroute ou à proximité, ECTN n’appelle pas de besoin foncier particulier.

 

Un déploiement pertinent à l’échelle européenne

La solution ECTN, qui peut se déployer rapidement, ouvre dès aujourd’hui les perspectives d’un déploiement à l’échelle européenne comme l’indique l’étude de faisabilité réalisée avec Carbone 4. Ses résultats valident l’intérêt environnemental, économique et social du modèle ECTN, véritable accélérateur de la décarbonation du transport routier longue distance.

L’étude souligne qu’un réseau européen de 190 terminaux correspondant à un maillage de stations de recharge tous les 300 km environ, permettrait d’accélérer la sortie du diesel au bénéfice de l’électrique et contribuerait significativement aux objectifs de réduction des émissions de GES tels que fixés par l’Union Européenne.

 

Une démarche de co-construction et un accompagnement nécessaire des pouvoirs publics

Si le concept ECTN – qui se veut complémentaire de solutions multimodales – s’inscrit dans une démarche de co-construction avec les parties prenantes (transporteurs, opérateurs de recharge, énergéticiens, concessionnaires autoroutiers, chauffeurs routiers, constructeurs de camions), son déploiement à plus grande échelle passera par l’électrification des flottes ainsi que le déploiement d’infrastructures de charge sur les grands axes routiers. L’accompagnement des Pouvoirs Publics sera alors nécessaire, notamment pour le financement et la réalisation des stations-relais.