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Metz Métropole: la transformation d’un réseau, le pari de l’hydrogène

Une amélioration du réseau avec un nouveau tracé structurant en 2027

Une « vraie révolution » est à venir à Metz; la Métropole travaille à la création d’une troisième ligne BHNS, une ligne C du réseau Mettis, qui reliera d’ici 2027 le centre-ville à Marly, en passant par Montigny-lès-Metz. Objectif selon l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM): connecter de nouveaux quartiers, alléger la circulation et offrir une alternative crédible à la voiture individuelle.

Le chantier a démarré dans l’hypercentre au printemps dernier, avec la transformation de plusieurs axes et places emblématiques. L’idée n’est pas seulement de tracer une nouvelle ligne de bus rapide: c’est aussi de repenser l’espace urbain, en donnant plus de place aux piétons, aux cyclistes et à la végétation, expliquent les pouvoirs publics, des objectifs généralement assignés à un tramway mais qui est partagé par un bus à haut niveau de service (BHNS) (1).

10 millions d’euros investis en 2025

Pour l’année 2025, le coût des travaux engagés sur les deux trajets atteint la somme de 9,9 millions d’euros (HT), soit 5,3 millions pour l’extension de la ligne A et 4,6 millions pour la création du Mettis C.

Pour mémoire, le Mettis a été inauguré à Metz en octobre 2013, après quatre ans de travaux. Ce BHNS, présenté à l’époque comme une alternative au tramway, s’appuie sur deux lignes principales (A et B) qui traversent la ville du nord sur environ 17 km. Le projet, lancé en 2009, avait nécessité une profonde requalification urbaine: création de voies réservées, réaménagement de carrefours, mise en place de véhicules articulés hybrides et construction d’un nouveau dépôt. Metz prenait le tournant emprunté par de nombreuses villes et agglomérations de taille similaire (ex que l’on retrouvera, Nîmes).

En 2024, le réseau de transport en commun «Le Met» (anciennement TAMM) auquel appartient le Mettis, a enregistré environ 23,5 millions de voyages, en hausse de 500.000 unités sur un an.

Des investissements importants à venir avec le renouvellement de la flotte de BHNS à l’horizon 2030 et de nouvelles infrastructures. 

Une société d’économie mixte à Opération Unique, la SEMOP TEM (signifiant « Transports de l’Eurométropole de Metz »), délégataire de la métropole de Metz pour l’exploitation du réseau de transport collectif Le Met, vient de publier un appel d’offres pour permettre l’exploitation des lignes Mettis A, B, D et E avec de nouveaux bus. Le marché public concerne l’acquisition de 28 unîtes de type haut niveau de service (BHNS) bi-articulés (24 mètres) électriques à charge rapide par opportunité et leur système d’avitaillement.

Les nouveaux e-Mettis devront être mis en circulation sur les lignes A, B, D et E à l’horizon 2030. Leur design extérieur sera similaire à celui des  véhiculesactuels. En revanche, à l’intérieur, plusieurs évolutions sont prévues (voir 2).  

Le constructeur retenu devra fournir les véhicules ainsi que les équipements de charge rapide par opportunité, c’est à dire susceptible de se recharger très rapidement pendant l’exploitation. Le contrat prévoit également une phase d’essais, la mise en service, la formation des personnels, la documentation technique, ainsi que les garanties et prestations de support associées. Sont concernés les 27 autobus bi-articulés Van Holl Exquicity (AGG300-TRL-H) mis en service en 2013 qui circulent actuellement sur les lignes A et B. Il s’agit de bus équipés d’une motorisation hybride diesel-électrique. En complément, trois exemplaires supplémentaires sont arrivés fin 2020. 

Pour maintenir la flotte actuelle en exploitation durant encore quatre années, le délégataire a publié en janvier dernier un marché public de réparation des châssis des BHNS Mettis. L a collectivité s’est refusée à la vendre… Il s’agit de réparer les fissures constatées sur les toitures de plusieurs bus. La future ligne Mettis C, entre Marly et Metz, devrait être mise en service en 2027. Elle sera exploitée avec une flotte de 14 autobus articulés à hydrogène Solaris Urbino 18 Hydrogen. Leur livraison est prévue en 2027.

L’arrivée de ces nouveaux véhicules sur le réseau Le Met’ va nécessiter l’adaptation des infrastructures pour leur remisage, la recharge et la maintenance. L’actuel dépôt Joba sera converti à l’électrique et à l’hydrogène. Ce site accueille près de 160 bus diesel et les véhicules légers du service de transport des personnes à mobilité réduite. Le nouveau dépôt Frescaty est prévu pour remiser, entretenir et ravitailler 50 bus à hydrogène ou bus à batteries (car les deux solutions sont électriques). Il est envisagé d’équiper les terminus des lignes e-Mettis et quelques arrêts intermédiaires d’un système d’avitaillement en électricité avec des potences de charge de manière automatique.

À Metz Métropole, l’hydrogène destiné aux futurs bus devrait provenir d’une production locale d’hydrogène vert, intégrée dans un projet territorial de transition énergétique. Metz Métropole prévoit donc de produire localement l’hydrogène destiné à alimenter ses futurs bus, grâce à un procédé d’électrolyse de l’eau utilisant de l’électricité décarbonée. Cette production locale permettra d’assurer l’approvisionnement du réseau tout en contribuant à une décarbonations des flottes d’autobus. Ce projet s’inscrit dans la stratégie de transition énergétique de la métropole, visant à réduire l’empreinte environnementale des transports publics et à renforcer l’autonomie énergétique du territoire. A partir de 2035, tous les autobus urbains immatriculés au sein de l’Union européenne devront être zéro émission (c’est à dire à batteries ou à pile à combustible) (3)

Eric Ritter

NOTES

(1) Les nouveaux e-Mettis vont circuler sur les lignes A, B, D et E à l’horizon 2030. Leur design extérieur sera similaire à celui des  véhiculesactuels. En revanche, à l’intérieur, plusieurs évolutions sont prévues. Le revêtement de sol sera spécifique. Un éclairage secondaire va rappeler la livrée extérieure du véhicule sur le plafond. Plusieurs sièges seront de type assises relevables pour optimiser la capacité du véhicule. Il n’y aura pas de bouton de demande d’arrêt. Des prises USB seront installées au niveau des parois du véhicule. L’information dynamique sera affichée sur de grands écrans et sur les parois vitrées aux entrées du véhicule.

(2)Le revêtement de sol sera spécifique. Un éclairage secondaire va rappeler la livrée extérieure du véhicule sur le plafond. Plusieurs sièges seront de type assises relevables pour optimiser la capacité du véhicule. Il n’y aura pas de bouton de demande d’arrêt. Des prises USB seront installées au niveau des parois du véhicule. L’information dynamique sera affichée sur de grands écrans et sur les parois vitrées aux entrées du véhicule.

La SAEML TAMM est une Société Anonyme d’Économie Mixte Locale. TAMM (Transports de l’Agglomération de Metz Métropole) est le nom juridique de l’entreprise. Son nom commercial est LE MET’. 

Les TAMM réalisent un contrat de Délégation de Service Public pour Metz Métropole, ayant pour objet l’exploitation du réseau de transport urbain LE MET’. 

La finalité de l’entreprise est de garantir la bonne réalisation de sa mission publique : le transport urbain sur le périmètre de Metz Métropole, en mettant en œuvre la meilleure qualité de service possible. 

Dans la logique du « transport urbain pour tous », les TAMM assurent également l’exploitation du service de transport de personnes à mobilité réduite (ACCELIS)

(3)Les villes abandonnent rapidement les carburants fossiles – en commençant généralement par leurs flottes de transports publics – et veulent davantage de bus à zéro émission, le plus rapidement possible. Certains constructeurs prennent les devants : Daimler et MAN se sont engagés à ce que tous leurs nouveaux bus urbains soient zéro émission d’ici à 2030. Malgré les progrès considérables, il reste encore beaucoup à faire : 64 % des nouveaux bus urbains en Europe sont encore soit entièrement alimentés par des carburants fossiles (27 % de diesel), soit très majoritairement fossiles (22 % de véhicules hybrides et 14 % de véhicules au gaz). Si la demande pour l’électrique continue de croître comme elle le fait actuellement, les villes européennes achèteront 100 % de bus urbains zéro émission dès 2027. C’est la raison pour laquelle il faut, selon l’ONG Transport et Environnement, il faut une législation européenne qui réponde à la demande, en obligeant les constructeurs à ne fournir que des bus urbains zéro émission. Le règlement de l’UE visant à réduire les émissions des nouveaux bus urbains (ainsi que celles des camions et des autocars) est l’outil adéquat pour réduire considérablement les émissions de CO2 et améliorer la qualité de l’air dans les villes. Cependant, l’objectif de ventes de bus neufs zéro émission récemment fixé à 90 % en 2030 et à 100 % en 2035 n’est pas suffisant pour décarboner assez rapidement. C’est pourquoi T&E plaide en faveur d’un objectif de vente de 100 % pour les bus urbains zéro émission dès 2027, comme l’ont demandéun certain nombre d’organisations environnementales et de villes.